
DU Cap Nord à l’Amazonie
18’000 kilomètres à travers les extrêmes
Fin février 2026, j’ai achevé l’expédition Mètis.
Un projet de plus de 18’000 kilomètres qui m’a mené du Cap Nord à la forêt amazonienne, à travers certains des environnements les plus exigeants de la planète.
Pendant plus d’une année, j’ai avancé seul, à ski, à vélo, à pied et en voilier.

1’000 Km à ski
Le départ s’est fait le 27 janvier 2025 au Cap Nord.
Pendant plus de 1’000 kilomètres, j’ai progressé seul à ski à travers la Scandinavie, en tractant près de 80 kilos de matériel dans mes pulkas.
Très vite, j’ai dû m’adapter à une météo en constante évolution.
Tempêtes, froid glacial, redoux soudains, lacs partiellement dégelés, manque de neige puis chutes abondantes… chaque journée apportait son lot d’imprévus.
Au milieu de ces conditions changeantes, une déchirure dans ma tente est venue compliquer encore un peu plus l’aventure.
Mais malgré les difficultés, cette première partie restera inoubliable.
Les paysages étaient grandioses, l’effort intense, et chaque progression demandait de la détermination.
Entre les éléments, le silence du Grand Nord et l’engagement physique, cette traversée a marqué le véritable début de l’expédition Mètis.
7’000 KM à vélo à travers l’Europe
Avant même de pédaler, cette étape a commencé par une importante organisation logistique afin que mon vélo arrive à temps au point de départ.
Mon objectif était clair : relier Hemavan, en Suède, à Errachidia, au Maroc.
Une longue transition entre le nord de l’Europe et les portes du désert.
Au fil des kilomètres, j’ai traversé successivement :
la Norvège, la Suède, le Danemark, l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, la France, l’Espagne, puis enfin le Maroc.
Durant cette étape, j’ai choisi de dormir un maximum sous tente, même lorsque je me trouvais à proximité de grandes villes.
À Barcelone, par exemple, j’ai dormi dans un sous-bois à seulement 3 kilomètres du centre-ville.
Cette traversée progressive m’a permis de passer doucement d’un climat nordique à une chaleur de plus en plus présente.
Début août, j’atteignais les portes du désert marocain, déjà acclimaté à la chaleur de l’été saharien.
1’000 km dans le désert sous 50°C
Au Maroc, j’ai retrouvé mon équipe logistique ainsi que le chariot spécialement conçu pour me permettre d’évoluer à pied, en autonomie, sous des températures extrêmement chaudes.
Dès les premiers jours, j’ai compris que cette étape serait éprouvante.
Chargé avec près de 100 litres d’eau, mon chariot atteignait environ 160 kilos.
Le terrain, bien plus accidenté qu’escompté, a rapidement mis le matériel à rude épreuve : dès le deuxième jour, les roues de la charrette se sont voilées.
À partir de ce moment-là, chaque kilomètre parcouru devenait un véritable bonus.
Les difficultés se sont ensuite enchaînées :
un nombre incalculable de crevaisons, la perte de ma tente, et même l’interdiction de poursuivre l’itinéraire initial par les forces de l’ordre, inquiètes pour ma sécurité.
Le tout sous une chaleur étouffante atteignant jusqu’à 54°C.
Malgré ces obstacles, j’ai continué d’avancer.
Après 49 jours de marche, j’ai atteint la côte atlantique du Maroc le 26 septembre, marquant la fin de cette traversée désertique.
Traversée de l’Atlantique
La traversée de l’Atlantique était pour moi quelque chose de totalement nouveau.
Je n’avais jamais navigué.
C’est pour cette raison que j’ai choisi de rejoindre un équipage afin d’entreprendre cette traversée.
Mon objectif était clair : savoir si j’avais le mal de mer et apprendre à naviguer.
J’ai rejoint l’équipage dans le sud de la France afin de passer plus de temps en mer.
Au total, j’ai passé près de deux mois sur l’océan.
La traversée n’a pas été de tout repos.
Nous avons rencontré plusieurs problèmes, notamment une panne d’autopilote qui nous a obligés à tenir la barre pendant cinq jours consécutifs, en nous relayant toutes les deux heures.
Mais malgré ces difficultés, ce que je retiens surtout de cette traversée, c’est un profond sentiment d’apaisement.
Toute cette eau à perte de vue m’a offert un temps de contemplation que je n’avais encore jamais expérimenté.
Un moment suspendu, loin de tout, propice à la réflexion.
Le 18 décembre, après un peu moins de deux mois en mer, nous sommes arrivés en Martinique, marquant la fin de cette traversée transatlantique.
Étape Finale : L’Amazonie
L’Amazonie était la dernière étape de l’expédition, et sans doute celle qui me semblait la plus difficile à appréhender.
Dans mon plan, j’avais prévu un mois de préparation avant de me lancer dans cet ultime périple en forêt.
Durant le mois de janvier, j’ai réalisé trois sorties, avec des objectifs à chaque fois plus ambitieux.
Après près de deux mois passés en mer entouré d’un équipage, le retour à la solitude a été particulier.
La première sortie a été très difficile.
Puis, progressivement, j’ai pris mes repères et commencé à comprendre cet environnement si particulier.
La forêt amazonienne est exigeante, autant par son terrain que par son isolement.
Le 3 février, j’ai finalement pris le départ de Saül, un petit village isolé au centre de la Guyane française, avec pour objectif de rejoindre Régina, située à environ 200 kilomètres.
Cet ultime périple m’a mis à l’épreuve à plusieurs reprises.
Au début, mon corps peinait à répondre à l’effort.
Puis, j’ai percé mon raft gonflable, qui devait me permettre de rejoindre la civilisation.
Enfin, je me suis tordu la cheville, ce qui m’a handicapé sur la fin du parcours.
Malgré une fatigue psychologique importante liée à l’accumulation des mois d’aventure, j’ai réussi à rejoindre Régina.
C’est là que j’ai officiellement bouclé le projet Mètis avec succès!
Conférence Publique
Vendredi 20 mars 2026 – 18H30
Salle de la cible, St-Léonard (VS)
Après 13 mois d’expédition à travers les extrêmes, je vous partage les coulisses, les apprentissages et les moments clés de l’Expédition Mètis.
Entrée gratuite – inscirption obligatoire
En collaboration avec l’épicerie Intchiè No
(Sion)

